Voter en famille
Dimanche était jour de fête vote en France. Vous vous souvenez, les régionales ?! Comme tous les jours de vote dans notre famille, nous nous sommes rendus ensemble au bureau de vote.
Au fil du temps ce déplacement est devenu un rituel au cours duquel mon aînée peut prendre petit à petit conscience de ce que « Voter » signifie. Bon c’est vrai que je n’ai jamais été du genre à ne pas me déplacer lors des jours de vote. Histoire de culture familiale, de conscience personnelle sûrement. Non pas que je sois béat face à l’offre politique actuelle mais plutôt que je n’envisage pas ce geste simple comme un droit mais beaucoup plus comme un devoir. En conséquence malgré les doutes et questionnements constants face à ce qu’il m’est donné de choisir, j’effectue invariablement le déplacement civique.
Je me rends compte que ce déplacement est petit à petit l’occasion d’aborder des notions fondamentales avec mon aînée.
Ainsi lors des dernières présidentielles elle a appris à glisser le bulletin dans l’urne et se réjouir du fameux « A voté ! ». Dimanche, elle a découvert le mot et le principe de l’isoloir.
Bien qu’il ne soit pas encore évident de lui expliquer comment l’isoloir est apparu, elle a tout de même découvert par l’exemple ce qu’il impliquait : le secret du vote !
Et cette découverte s’est faite dans la difficulté (traduction = bouderies et trépignements).
En effet, après lui avoir moi-même révélé le secret profond de mes critères de choix politique (je vote pour la plus belle, je vote pour ceux qui parlent de vélo dans leur programme, je vote pour ceux qui font appel à mon intelligence et non à mes instincts les plus bas), je lui ai dit pour qui j’avais voté….elle s’est alors précipité sur sa mère pour lui poser la même question.
Et là je dois dire que sa mère a eu une réponse qui, à défaut de la satisfaire, lui a donné une petite leçon de civisme appliqué : elle lui a parlé du droit au secret et de l’importance de l’isoloir pour respecter le secret du vote.
J’aurais préféré, en père soucieux de préserver la paix familiale (traduction = soucieux de préserver la tranquillité de ses oreilles) qu’elle lui dise pour qui elle avait voté mais je me suis en fait réjoui de la discussion qui a fini par naître de ce refus.
Cette scène de la vie civique « ordinaire » a donc été l’occasion de discuter de la signification de ce geste avec des mots simples. J’espère qu’elle se souviendra que voter n’est pas un acte « ordinaire », il est le fruit de notre histoire et nous dépasse en quelque sorte.
Sebastien
jepedale.com
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Merci Sébastien pour cette belle tranche de civisme. Chez nous, le sujet a été abordé de loin, voire de très loin. Il y avait l’anniversaire d’un petit copain et plein d’évaluations à préparer. Mais, ouf : il y a 2 tours aux régionales. Je me rattraperai donc au prochain tour.
Au vu du taux d’abstention, ce n’est effectivement pas inutile de transmettre ce devoir à nos enfants.
Pour ma part les 2 qui m’ont accompagné ont préféré jouer dans la cour de l’école où se déroulent les élections… mais ils savent que je suis aller voter et c’est comme pour les délégués de classe.
Dimanche, je les ferai rentrer dans la salle mais comme à 6 dans l’isoloir ça risque d’être chaud je me contenterai de leur faire mettre le bulletin dans l’urne !